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samedi 1 janvier 2011

Michel GALABRU

Jai peu destime pour les acteurs, les comédiens, les chanteurs, et les humoristes connus ; pour tous ces gens au compte en banque dodu qui prônent le partage et la générosité, se sentent proche des pauvres en évitant de les fréquenter, sont des nantis, vivent dans les beaux quartiers, et font la morale, en prêchant l’amour, la tolérance, la paix, et l’égalité, à des gens n’ayant aucun de ces privilèges rendant la vie si confortable, si agréable, et si sûre. Peu de considération donc pour ces illusionnistes qui, parce que ladulation des naïfs les a rendus célèbres, se prennent si souvent pour des penseurs, donnent des leçons et distribuent des bons et des mauvais points à tout le monde.

Ils aiment les pauvres en évitant de les fréquenter comme je lai dit, sauf par lintermédiaire d’associations humanitaires, auxquelles ils semblent tous appartenir, afin davoir lair davantage humaniste que riche. Ainsi rassurés, ils vont démissions de télévision en émissions de radio parler de leur actualité et des associations qu’ils soutiennent.

Pour être plus précis, c’est généralement le présentateur, le journaliste qui, après avoir dit que son invité soutenait une association, lui demande d’en parler, afin quen plus de paraître bon, on puisse le trouver humble.

Être pétri de grandes valeurs et de générosité, défendre de grandes causes, et soutenir une association, cela a pour avantage de se déculpabiliser d’être un anticapitaliste riche, déloigner le risque d’être pris pour un salaud de bourgeois, et permet de pouvoir conserver sa posture morale. 

Mais une piqûre d’association humanitaire ne fait pas que les immuniser contre le risque d’être pris pour de méchants riches. Cela donne une bonne image deux aux illusionnés, leur permet daugmenter leur capital sympathie, comme disent les spécialistes en communication chargés de leur promotion, avec pour conséquence évidente de leur faire gagner plus dargent. Parce que si on ne veut pas avoir la mentalité du salaud de riche, on veut bien en revanche avoir ses moyens financiers. Humaniste d’accord, mais pragmatique avant tout !

Pour être clair, ce n’est pas de gagner beaucoup d’argent qui me choque, mais c’est de se rendre ensuite ainsi cousu dor dans les médias pour jouer les purs esprits uniquement guidés par l’amour, la bonté et l’altruisme, et de gagner encore plus d’argent en se comportant de la sorte, de devenir encore plus riche en incitant ceux qui ne le sont pas à l’être encore moins en donnant une partie de leur argent. Comment peut-on admirer ces gens-là ?... Sans doute en étant un peu comme eux finalement...

Certains sortent du lot, comme Michel Galabru par exemple. Il y a quelques mois, j’ai découvert, grâce à lémission Les Grosses Têtes, qu’il avait bien plus d’esprit que beaucoup dautres artistes. Bien plus d’esprit, de lucidité, et de bon sens.
Michel Galabru est un homme intelligent, intellectuellement plutôt honnête, modeste, et pas moraliste. Linverse d’un Gérard Miller en somme. Vous me direz : Gérard Miller n’est pas un artiste ; certes, et pourtant, qu’est-ce qu’il joue bien la comédie !

Étant jeune, Michel Galabru admirait et voulait ressembler à Sacha Guitry.
Au premier abord, on ne trouve pas que l’un ressemble à l’autre. Pourtant, Michel Galabru, dans un genre évidemment très différent, semble posséder certaines qualités desprit pouvant rappeler celles de Sacha Guitry : le sens de la dérision et de l’autodérision par exemple, se nourrissant dune assez semblable vision du monde, des hommes, et de soi.

On peut aussi comparer ce que dit Michel Galabru avec ce que disent les autres artistes pour mieux comprendre ce qui le rapproche de Sacha Guitry, selon le principe quil faut parfois se comparer à des gens à qui on ne ressemble pas pour mieux comprendre à qui on ressemble.


Laurent Gané

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