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samedi 22 janvier 2011

Patrick DE FUNÈS

Je n’aime pas dire du bien des autres, mais je me vois forcé de le faire lorsque je tombe sur quelqu’un comme Patrick de Funès qui écrit sur son blogue :

« Le plus navrant est la perte de tous repères.
Il suffit de jeter un œil sur les personnalités préférées des Français.
Quelques abrutis dont le cerveau s’est atrophié au rythme du développement de leurs biceps.
Souvent des truqueurs, des faiseurs.
Le cas Kouchner est désopilant.
Cet homme vénéré de la masse populaire est, par ses attitudes, sa façon de parler, le prototype du snob invétéré.
S’il y en a un qui a pris le ton des lambris dorés, c’est bien lui.
Comment voulez-vous, que les chercheurs, les grands écrivains, les vrais philosophes (pas les Bernard Lévy) ne se sentent pas humiliés.
Le vrai mérite indispose.
Un exemple ici même ? dans ce blog ? un commentaire « très Yannick Noah ».
Sur Huysmans et Léautaud.
Au moins celle-là a le mérite de se « casser » ne lisant que des traductions étrangères. »

Décidément, Louis de Funès est un acteur que j’apprécie particulièrement, et je constate que la mauvaise humeur et les emportements qu’il a mis dans la plupart de ses rôles ont été transmis à l’un de ses fils sous une forme bonifiée. Dans le film de notre époque dégénérée, où les gens semblent de plus en plus idiots et abrutis, quelqu’un comme Patrick de Funès, étant donné ce qu’il dit, tient le rôle de l’ovni

Je trouve toujours délicat, risqué, un peu naïf et un peu bête, de dire trop de bien de quelqu’un qu’on ne connaît pas personnellement et qu’on n’a jamais rencontré. Une personne peut nous faire une bonne impression par médias interposés, ou disons, lorsqu’il s’agit d’un acteur, par films interposés, et une moins bonne, quand ce n’est pas une mauvaise, lorsqu’on la connaît, parce qu’on découvre à ce moment-là certaines facettes désagréables de sa personnalité, ou on s’aperçoit que devant un journaliste elle fait bonne figure, que dans un film elle paraît sympathique et parfois subtile, alors qu’en privé elle est décevante et dit n’importe quoi.
Et lorsque je dis que dans un film un acteur peut paraître subtil, je veux dire par là que c’est plus souvent dans un film qu’en répondant aux questions d’un journaliste, car dans un film, ce n’est pas lui qui pense, mais le dialoguiste ; à condition que celui-ci ne soit pas trop mauvais bien entendu, ce qui n’est pas fréquent ; surtout dans les téléfilms et les feuilletons, et surtout s’ils sont Français.

Pour ce qui est de Patrick de Funès, il a l’air de tellement se moquer de ce qu’on dira de lui qu’on peut, je pense, se fier à son image publique pour l’imaginer en privé.
Bien sûr, qu’il semble se moquer de ce qu’on dira de lui, qu’il n’ait pas, en d’autres termes, ce défaut putassier de vouloir plaire aux niais, est une bonne chose, mais n’est pas la garantie que le personnage est intéressant. Encore faut-il que ses propos témoignent d’une réelle intelligence. Avec lui, sur ce point, après lecture de son petit texte rapporté ici, on est plutôt rassuré, et on ne s’étonne donc pas qu’il soit l’un des rares à vilipender la coolitude ambiante, qui par des postures verbales, morales, physiques, et vestimentaires, tente de masquer mais en fait révèle : la bêtise, le snobisme, la fausseté, et la beauferie (sous une forme moderne), de ceux qui en font preuve.

Ceci étant, si un jour je le rencontre et que je m’aperçois qu’il est capable de sortir des conneries plus grosses que lui, ce qui au demeurant est tout à fait humain, eh bien j'affinerai mon jugement. Pour dire les choses franchement, je suis prévenant car j’ai déjà quelques soupçons, mais je ne dirai pas lesquels.

Quoi qu’il en soit, et malgré la prudence dont, on l’aura compris, l’expérience m’a appris à faire preuve, je dirai, en m’en tenant à ce que je l’ai entendu dire jusqu’à présent, que des gens comme Patrick de Funès, ça ne courent pas les rues, et que, comme la brebis Dolly en 1997, je serais d’accord pour qu’on le clone, puisqu’il semble que des gens comme lui soient aussi rares qu’un globule blanc au milieu d’une culture de bactéries.

Quand j’aurai le temps, j’écrirai quelque chose sur son livre Médecin malgré moi. Pour le moment, je vous invite à visiter son blogue à l’adresse suivante : http://www.patrickdefunes.com/
Vous pouvez aussi aller le voir au théâtre des 2 Ânes : http://www.2anes.com/

Laurent Gané

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